Il y a quelques mois… la restauration du buste de Gabriel François Venel (1723-1775)

 

Le bâtiment historique de la faculté de médecine conserve des collections exceptionnelles mais pas uniquement liées à l’anatomie ! Tableaux et sculptures ornent les murs et couloirs du bâtiment figurant les portraits des médecins illustres qui ont marqué l’histoire des sciences médicales par leurs travaux scientifiques. Profitons de la restauration du buste de Gabriel François Venel pour vous parler un peu de lui… 

 

Vous avez peut-être eu l’occasion de visiter le bâtiment historique de la faculté de médecine ? Rappelez-vous, dès le hall d’entrée, vous avez été saisi par ces bustes sur colonne qui vous entouraient.

Le saviez-vous ? Ces bustes en plâtre peint des maîtres illustres n’ont pas toujours été dans l’atrium : avant les années 1980, ils décoraient la salle Dugès, une autre salle du bâtiment située en rez-de-jardin.

 

 

 

 

Hall d'entrée, vue sur le grand escalier menant à la bibliothèque de la faculté de médecine

Bâtiment historique de la faculté de médecine, Université de Montpellier

 Gabriel François Venel (1723-1775)

 

Dans le grand escalier menant à la bibliothèque, un buste sur le premier palier est présent : celui de Gabriel François Venel (1723-1775).

Il faudrait des pages entières pour vous parler de l’homme, du scientifique et de ses travaux de recherches en chimie. D’ailleurs, il existe toute une bibliographie à consulter en bas de page.

Pour preuve de l’importante place de Gabriel François Venel dans l’histoire des sciences et de l'intérêt des chercheurs contemporains sur son travail expérimental et son rôle social pendant le siècle des Lumières, une thèse de doctorat en épistémologie, histoire des sciences et techniques est soutenue à Paris en 2006, par Christine Lehman s’intitulant « Gabriel-François Venel (1723-1775) : sa place dans la chimie française du XVIIIe siècle ». De cette thèse, l’auteure en extrait un très bel article paru dans la revue Etudes Héraultaise n°37-38 en 2008, téléchargeable en pièce jointe.

Ce que l’on peut retenir de Gabriel François Venel :

Ses travaux sur l’eau de Seltz, eau gazeuse dite « eau aérée » en 1750, fait de lui le pionnier dans la découverte d’un gaz dégagé par l’eau, même s’il ne trouve pas tout de suite le dioxyde de carbone. Cependant ses réflexions sur la composition de l’air ont très probablement influencé Lavoisier.

Sa lecture à l’Académie des sciences de ses mémoires de recherches sur l’eau de Seltz le fait connaître du cercle fermé des académiciens. Ses qualités de chimiste sont reconnues avec les honneurs. D’Alembert le cite même en 1751 dans son Discours préliminaire de l’Encyclopédie pour le remercier des « éclaircissements utiles et importants sur la Minéralogie » qu’il a pu fournir.

Gabriel François Venel contribue à l’avancement de la science et de la pensée en collaborant à l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers édités de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et d’Alembert, en rédigeant 673 articles sur ce qui concerne la chimie, la pharmacie, la physiologie et la médecine. Ses articles rédigés dans l’Encyclopédie ou pour le Dictionnaire de Macquer fondent la chimie officielle en vigueur au milieu du 18e siècle.

Pour exemple de sa singularité et sa modernité, il écrit dans le tome V à l’article « Digestion » de l’Encyclopédie, que l’estomac est un laboratoire de chimie que la nature a fourni à l’homme. On doit « se représenter la digestion comme une vraie opération chimique, ou plutôt comme un procédé ou une suite d'opérations chimiques » (Enc., V, 1001b, « Digestion »).

En 1758, il postule à une chaire de médecine générale laissée vacante à la faculté de médecine de Montpellier et commence la rentrée suivante l’enseignement de la pharmacie, de la pathologie, de l’hygiène ou des matières médicales.

Il devient membre de l’Académie royale des sciences de Montpellier à partir de 1768 où il intervient sur ses travaux en chimie dans le domaine de l’agriculture.

Missionné par l’Administration centrale, Gabriel François Venel poursuit ses recherches sur les eaux minérales, en parallèle de sa pratique d'enseignant et d’académicien. Le manuscrit de son Traité des eaux minérales est prêt lorsqu’il meurt à 59 ans à Montpellier, le 29 octobre 1775.

Son portrait peint est présent dans la Salle du Conseil de la faculté de médecine parmi la galerie des portraits. Le Service du patrimoine historique a fait restaurer son buste situé dans le grand escalier du hall d’entrée du bâtiment historique par une restauratrice spécialisée en décembre 2019.

 

Pour en savoir plus :

Louis Dulieu, Gabriel-François Venel. In : Bulletin de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, nouvelle série, III, 1972, p. 123-135.

Christine Lecornu Lehman, Gabriel François Venel : sa place dans la chimie française du XVIIIe siècle, ANRT, 2006, 702 p.

Christine Lehman, Gabriel François Venel, l’homme public et privé. Un nouveau regard, Revue Etudes Héraultaises, n°37-38, 2008 (à télécharger en pièce jointe).

"Éloge de Monsieur Venel, prononcé à l'Académie de Montpellier", Observations et Mémoires sur la Physique, tome X, juillet 1777, p. 3-14.

Antoine Jacques Louis Jourdan, Dictionnaire des sciences médicales : biographie médicale, vol. 7. Paris, C.L.F. Panckoucke, 1825. p. 407-411.

Jacques Proust, L'encyclopédisme dans le Bas-Languedoc au XVIIIe siècle, Montpellier, 1968.